Ma vie en pensées et en photos
Hier j’ai obtenu un RV, suite à un désistement chez notre thérapeute de couple. J’y suis allée seule, mon mari ne voulant pas.
Bon ce n’était pas plus mal, c’est moi qui avais besoin de me libérer par rapport à ce que mon mari m’avait confié suite à l’entretien du mois dernier chez ce thérapeute (voir les articles « bon. » et « consultation de couple » du 23-11-07)
J’ai donc commencé à dire que cet entretien avait remué beaucoup de choses surtout pour mon mari, et qu’après nous en avons beaucoup parlé, que mon mari était très content de ce qui s’était dit pendant cet entretien, et puis en déjeunant le midi, j’évoquais ma période de dépression à laquelle le psy avait fait allusion et que là mon mari m’a dit aussitôt que cela lui rappelait des mauvais souvenirs et il s’était mis à pleurer, sangloter même. Je dis que je l’avais aidé à parler parce que je sentais qu’il en avait gros sur le cœur et qu’au bout d’un moment il m’avait confié son désir d’en finir après m’avoir laissée en clinique psy en 1995, il sanglotait en me disant cela pendant ce repas, j’ai été très touchée, émue et je me suis sentie responsable de sa souffrance de cette époque là.Il s'était promis de ne jamais en parler, à personne. Cela m’a énormément encombrée.
Alors ce midi le psy m’a dit que je n’en étais pas responsable que chacun est responsable de ses ressentis et réactions par rapport à ce qu’il a vécu et ce que cela peut toucher en lui.
Puis il m’a expliqué que mon mari à cette époque avait déjà peur de me perdre (d’ailleurs il me l’a dit le mois dernier) en me laissant dans cette clinique. Que pour lui toute séparation le renvoie à une perte, une disparition, à la peur de la mort en fait.
Le psy m’a dit aussi qu’il ne comprenait pas pourquoi j’ai été autant touchée, étant donné que pour moi c’est du passé, de l’histoire ancienne, puisque maintenant je vais bien, que c’est justement un bon test. J’explique que sans doute j’ai été sous le choc et que je me suis sentie responsable au début, maintenant, non. Et puis que cela me renvoie à des périodes de ma vie ou pour moi tout était bouché aussi et j’avais envie d’y mettre un terme. D’ailleurs je lui dit que j’en ai parlé à mon mari il y a un mois, que jamais je n’avais abordé cela, mais que mon mari n’avait pas été dupe, et qu’il le sentait bien, la dernière fois que c’est arrivé, voilà
un an ½, mon mari se souvient exactement des lieux et le sentait, il ne voulait pas me laisser seule.
Nous avons aussi reparlé de la maladie de mon mari, et pour lui bien sur cette peur de la mort a ressurgi pour lui-même cette fois, et c’était encore une séparation. Je pointe que cela a été difficile aussi pour moi.
Puis je redis que je me suis beaucoup occupée de lui, et que quand j’ai pu reprendre mes activités au printemps, il a été opéré en janvier, il somatisait les jours où je partais.
Et que voici deux mois à peu près quand après une crise de sa part parce que j’étais restée trop tard sur Internet(21H30) cela s’était mal passé, j’arrivais à saturation et que dans la discussion pour finir il m’avait dit : Parfois je me demande pourquoi je m’en suis sorti !!!,
Je l’avais pris très très mal, et pour moi c’est un peu du chantage. C’est comme un enfant qui est malade pour que sa maman s’occupe de lui. Le psy dit que oui, c’était comme une façon de me dire : tu n’es pas là pour moi et pourtant j’ai besoin de toi !!
Et puis il pense que mon mari ne veut pas perdre de temps dans sa vie maintenant, et que le temps sans moi est du temps perdu.
Par contre le psy trouve dommage qu'après cette séance du mois dernier, mon mari ait commencé à se livrer et que ma réaction douloureuse l’ait de nouveau bloqué, moi aussi je suis bloquée dans la communication. Le psy dit que nous installons une forme de protection qui est plutôt gênante, qui ne fait pas avancer en tout cas !!!.
J’ai dit que j’espérais sur cette consultation d'aujourd'hui pour rouvrir le dialogue, mon mari a sûrement beaucoup de peurs pour se livrer, alors ce serait bien de l’encourager. Je fais part au psy de la décision de mon mari de ne pas aller le voir tout seul, il précise qu’il a sans doute moins peur quand je suis avec lui.
Nous maintenons donc les RV, je dis que cela l’aidera, le psy dit : oui et vous aussi. C’est vrai même si je ne me sens pas mal. Bon maintenant il faudra que mon mari soit d’accord, sinon j’irai seule je pense, j’ai besoin de parler de ce que nous vivons en couple avec ce cancer entre nous, la peur des récidives, l’acceptation des séquelles, etc.
Je pointe quand même que depuis un mois mon mari fait des efforts pour me laisser un peu plus de liberté, qu’il sort un peu plus. Et que je fais aussi quelques efforts pour être moins sur l’ordinateur, ou alors quand il s’absente. Qu’il a maintenant aussi un ordinateur, et je lui explique différentes choses, cela me plait
Il redit que c’est important de partager des moments ensemble et d’autres chacun de notre côté.
Il souligne que mon mari a encore trop l’idée de mort en lui, qu’il faudrait avoir plus l’idée de vie, c’est sans doute vrai, mais je pense qu’il a quand même une énergie de vie en lui.C'est vrai qu'il y a un an tout juste, il ne pensait qu'à son opération programmée début Janvier et pour lui sa vie allait se terminer là.
Nous reparlons un peu de la dépendance de mon mari par rapport à moi, je dis que ce n’est pas toujours facile à gérer, que cela le rend jaloux, que je suis toujours obligée de le rassurer et que parfois j’en ai assez, il me dit qu'en le rassurant je me rassure aussi d’un côté, je lui dis les choses et en prononçant les mots je me les dis à moi aussi. Et je trouve aussi que notre relation est fusionnelle, le psy est bien d’accord.
Par exemple une chose que j'ai beaucoup de mal à supporter, c'est que mon mari regarde toujours ce que je suis à faire sur l'ordinateur, et qu'il aimerait avoir l'adresse de mon blog pour le lire, je lui explique pourtant que c'est un journal intime et que je n'en ai pas envie, je ressens cela comme une intrusion.
Puis pour conclure il me dit que je suis épanouie et que j’ai mon indépendance. Je suis bien d’accord, mais je lui dis que pour l’indépendance je suis obligée de tirer toujours sur la ficelle. Mais que j’ai trouvé mon équilibre, quand je suis quelques jours sans sortir de la maison, je me sens bien, mais dès que je peux sortir, je suis très heureuse, et que c’est parce que j’ai des activités que je peux apprécier ces jours tranquilles à la maison.
Le psy pense aussi que mon mari a en lui des forces que je n'ai pas de par mon histoire, et que moi j'en ai d'autres que lui n'a pas.
Par exemple je pointe qu'au début quand nous avons appris le diagnostic, mon mari disait que heureusement que c'était lui qui était malade , qu'il n'aurait pas pu gérer son angoisse si cela avait été moi!!!
Il rajoute que je sais bien appréhender les situations maintenant, que la souffrance est derrière moi.
Je lui fait part de choses qui me paraissent positives, depuis la maladie de mon mari. J'ai pu prendre conscience que j'avais plus de force que je ne pensais.
Et puis nous avons trouvé (retrouvé ?) beaucoup de tendresse entre nous, par exemple se tenir la main pendant une soirée de télévision en appréciant ce contact si doux. Pas ce dernier mois, mais cela revient depuis quelques jours.
Je lui fait part quand même de ma prise d’anti dépresseur, et il me dit que l’année prochaine sera l’année de l’arrêt que les difficultés de mon mari ne sont pas les miennes.
Eh bien beaucoup de choses ont été dites en 35mn, cela me vaut un gros mal de tête depuis, mais bon, ça ira mieux demain .
